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École nationale supérieure d'Arts et Métiers
École nationale supérieure d'Arts et Métiers

École nationale supérieure d'Arts et Métiers

Paris, France

Le 10 août 1786, une ordonnance de Louis XVI établit une école d'application militaire en faveur de cent enfants de soldats invalides, à la ferme de la Montagne, près de Liancourt. Le roi accorde huit sous par jour et par élève, plus deux sous pour l'éclairage et le chauffage. Le texte fixe une vocation sociale que l'établissement n'a jamais abandonnée : former des techniciens issus de milieux modestes. L'initiative est antérieure. Dès 1780, le duc François de La Rochefoucauld-Liancourt avait ouvert une première école pour une vingtaine de pupilles de son régiment de dragons, avec le concours de Gaspard Monge, Claude Louis Berthollet, Jean-Antoine Chaptal et Pierre-Simon de Laplace. Les ateliers fonctionnent à la fin de septembre 1787. La Révolution interrompt le projet, le duc s'exile en 1792 et ne revient qu'en 1799. L'école survit aux régimes en changeant de nom et de statut. Transférée à Compiègne, elle devient École impériale d'arts et métiers en 1804, s'installe à Châlons en 1806, puis essaime : Angers en 1815, Aix-en-Provence en 1843, Lille en 1900, Cluny en 1901, Paris en 1912, Bordeaux en 1963, Metz en 1997. Cette dispersion géographique est devenue une caractéristique structurelle. L'établissement fonctionne aujourd'hui comme une école unique répartie sur huit campus et trois instituts, à Bastia, Chambéry et Chalon-sur-Saône. Les locaux vont de l'abbaye de Cluny, où les élèves étudient dans des bâtiments monastiques, aux constructions contemporaines de Metz. Cette configuration permet un maillage industriel qu'un site unique ne pourrait pas offrir. Le périmètre disciplinaire est resté fidèle à l'origine technique. L'école forme des ingénieurs généralistes en génie mécanique, génie énergétique et génie industriel, avec des activités de recherche structurées autour de la conception, de l'industrialisation, du risque et de la décision. Elle s'appuie sur 15 laboratoires et une école doctorale, et relève du ministère chargé de l'enseignement supérieur. Les effectifs placent l'établissement dans une catégorie à part. Il accueille plus de 6 000 étudiants, élèves ingénieurs, étudiants de master et doctorants confondus, et s'appuie sur environ 600 enseignants. Cette échelle explique la densité du réseau d'anciens, structuré par la Société des ingénieurs Arts et Métiers, qui accorde notamment des prêts d'honneur à taux zéro aux élèves. Une culture propre accompagne cette histoire. Les élèves sont appelés gadzarts, tradition née au XIXe siècle et transmise de promotion en promotion. Des monuments aux morts installés sur chaque campus et à la ferme de Liancourt rappellent les anciens tombés pour la France, et la Légion d'honneur a été remise aux écoles d'arts et métiers le 8 décembre 1934 par le président de la République. Le classement 2026 des écoles d'ingénieurs de L'Étudiant place Arts et Métiers au 20e rang, avec 78,5 points sur 119, après une progression de dix places sur un an. L'école est membre de ParisTech, réseau qu'elle a contribué à créer en 1991 avec neuf autres établissements parisiens, et appartient au réseau France AEROTECH.

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